{"id":850,"date":"2010-12-08T11:11:13","date_gmt":"2010-12-08T10:11:13","guid":{"rendered":"http:\/\/rt.boullier.fr\/?p=850"},"modified":"2010-12-08T11:11:13","modified_gmt":"2010-12-08T10:11:13","slug":"art850","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/2010\/12\/08\/art850\/","title":{"rendered":"De quoi vivent les Tsiganes  ?"},"content":{"rendered":"<div>\u00a0 Cet article bien document\u00e9 permet une nouvelle fois\u00a0 de faire reculer des pr\u00e9jug\u00e9s\u00a0 trop largement r\u00e9pandu y compris dans les plus\u00a0 hautes instances de\u00a0 l&rsquo;Etat<\/div>\n<div><\/div>\n<h3><strong>\u00a0<\/strong><\/h3>\n<h3><strong>\u00a0De quoi vivent les Roms et les gens du voyage<\/strong><\/h3>\n<div><strong>Les Tsiganes de France sont-ils tous les bandits de grand chemin que d\u00e9crit la rumeur publique ? Notre enqu\u00eate le d\u00e9montre, c\u2019est loin d\u2019\u00eatre la r\u00e9alit\u00e9<\/strong>.<\/div>\n<div>CAPITAL .fr Mis \u00e0 jour le 03\/11\/2010<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\"><\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Combien faut-il que ceux-l\u00e0 aient vol\u00e9 de poules pour se payer des voitures pareilles ?\u00bb Ce lundi de septembre, \u00e0 Poitiers, un cort\u00e8ge de 150 familles du voyage traverse la ville, \u00e0 bord de luxueuses Mercedes, de grosses BMW et de Jeep Cherokee, mais aussi de fourgons blancs attel\u00e9s \u00e0 de grosses caravanes.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\u00abLes camionnettes nous servent \u00e0 transporter les produits que nous vendons sur les march\u00e9s\u00bb, explique Charlot Ziegler, un quinquag\u00e9naire costaud en jean-chemise. De fait, une fois ouvert par le c\u00f4t\u00e9, le camion immacul\u00e9 de son neveu laisse place \u00e0 un magasin d\u2019horloges. \u00abVous voyez, on n\u2019est pas tous des voleurs\u00bb, sourit-il.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">La vox populi continue pourtant d\u2019accuser les \u00abromanichels\u00bb de tous les maux. Braqueurs de distributeurs bancaires, pilleurs de maisons de campagne, escroqueurs d\u2019aide sociale\u2026 Depuis qu\u2019en juillet dernier une poign\u00e9e de Manouches a mis \u00e0 sac la paisible bourgade de Saint-Aignan, en Loir-et-Cher, tout y passe ou presque.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Et les accusations du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Brice Hortefeux, \u00e0 l\u2019encontre de la communaut\u00e9 rom (elle serait responsable d\u2019un vol sur cinq \u00e0 Paris !), assorties du d\u00e9mant\u00e8lement manu militari d\u2019une bonne centaine de leurs campements sauvages, n\u2019ont rien fait pour arranger les choses. Diable ! Les Tsiganes et les Gitans seraient-ils tous des bandits de grand chemin ? Apr\u00e8s un mois d\u2019enqu\u00eate aupr\u00e8s de ces populations mal aim\u00e9es, le tableau appara\u00eet heureusement beaucoup moins noir.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Premier constat : les gens du voyage et les Roms ne forment pas une population homog\u00e8ne. La premi\u00e8re appellation d\u00e9signe les 500 000 citoyens fran\u00e7ais qui ont adopt\u00e9 un mode de vie nomade (135 000 d\u2019entre eux), semi-itin\u00e9rant (145 000) ou qui l\u2019ont abandonn\u00e9 r\u00e9cemment pour se s\u00e9dentariser (220 000). Pour la plupart, ces vrais et faux voyageurs sont issus d\u2019une mosa\u00efque de peuples ayant des racines dans l\u2019Inde du Nord, Manouches de France, Sinti d\u2019Italie, Calderaches de Roumanie, Gitans d\u2019Espagne ou encore Y\u00e9niches d\u2019Allemagne.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Au fil des si\u00e8cles, ils se sont m\u00e9tiss\u00e9s avec toute une mis\u00e8re de maquignons normands, de ramoneurs savoyards et autres colporteurs jet\u00e9s sur les routes par la faim, pour constituer une population vivant \u00e0 l\u2019\u00e9cart des \u00abgadj\u00e9\u00bb, les autres Fran\u00e7ais. \u00abAujourd\u2019hui, tous se revendiquent de la culture tsigane et \u00e9maillent leurs phrases d\u2019expressions en roman\u00e8s, une vieille langue indo-europ\u00e9enne\u00bb, r\u00e9sume Patrick Williams, directeur de recherche au CNRS.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Ceux qu\u2019on a pris l\u2019habitude d\u2019appeler \u00ables Roms\u00bb sont beaucoup moins nombreux : gu\u00e8re plus de 15 000 dans l\u2019Hexagone. Eux ne sont ni fran\u00e7ais ni nomades. Fra\u00eechement d\u00e9barqu\u00e9s de Roumanie (pour 90% d\u2019entre eux) ou de Bulgarie, ils s\u2019entassent dans des bidonvilles aux portes des grandes villes. Selon l\u2019ethnologue Martin Olivera, le seul d\u00e9partement de Seine-Saint-Denis en abriterait 3 000.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Les premiers sont arriv\u00e9s apr\u00e8s la chute du Mur, puis le mouvement s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 en 2002, quand la France a assoupli sa politique d\u2019immigration. L\u2019adh\u00e9sion de la Roumanie et de la Bulgarie \u00e0 l\u2019Union europ\u00e9enne, le 1er janvier 2007, ne leur a cependant pas ouvert plus grand les portes : comme Bruxelles le lui permet, Paris a d\u00e9cid\u00e9 de limiter \u00e0 trois mois la dur\u00e9e maximale de leur s\u00e9jour, jusqu\u2019en 2013. Apr\u00e8s seule-ment ils auront le champ libre en France.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 pour le paysage. Et maintenant, passons aux actes. Comment les gens du voyage parviennent-ils \u00e0 se payer d\u2019aussi belles voitures et d\u2019aussi confortables caravanes ? Tr\u00e8s simple : la plupart d\u2019entre eux ont un m\u00e9tier. Pas dans les bureaux, bien s\u00fbr ! Elagueurs, ferblantiers, rempailleurs, marchands ambulants, couvreurs-zingueurs, artistes de cirque (20 000 Tsiganes travaillent sous 200 chapiteaux familiaux)\u2026 leurs activit\u00e9s sont par nature ind\u00e9pendantes, et presque toujours h\u00e9rit\u00e9es de la tradition. \u00abC\u2019est plus fort que nous, on a tous \u00e7a dans la peau\u00bb, sourit Xavier Lapere, qui a laiss\u00e9 tomber sa m\u00e9decine en troisi\u00e8me ann\u00e9e pour devenir un\u2026 roi du man\u00e8ge.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Avec son grand huit et son \u00abslalom\u00bb, un toboggan de 50 m\u00e8tres de long, il fait \u00abla tourn\u00e9e royale\u00bb d\u2019avril \u00e0 octobre (Foire du Tr\u00f4ne, F\u00eate des Loges, jardin des Tuileries, F\u00eate au bois de Boulogne), de loin le plus prestigieux des circuits forains. Son chiffre d\u2019affaires ? Impossible de le conna\u00eetre. Comme tous ses compagnons, ce businessman voyageur a tendance \u00e0 se refermer d\u00e8s qu\u2019on aborde les questions d\u2019argent. Mais, manifestement, il n\u2019en manque pas, pas plus d\u2019ailleurs que tous les propri\u00e9taires de gros man\u00e8ges.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Selon les ann\u00e9es, un simple stand d\u2019autos tamponneuses employant quatre salari\u00e9s d\u2019une m\u00eame famille g\u00e9n\u00e8re 400 000 euros de chiffre d\u2019affaires officiel, auxquels il convient d\u2019ajouter 30 \u00e0 40% de recettes au noir, de l\u2019aveu m\u00eame de l\u2019administration fiscale. Bien assez pour vivre \u00e0 l\u2019aise apr\u00e8s avoir amorti les investissements (une grosse attraction co\u00fbte 1,2 \u00e0 2 millions d\u2019euros) et pay\u00e9 les frais de fonctionnement.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Mais la grande majorit\u00e9 des 100 000 forains tsiganes ne roulent pas carrosse. En courant les f\u00eates villageoises avec un man\u00e8ge pour enfants ou une baraque \u00e0 gaufres, ils parviennent tout juste \u00e0 joindre les deux bouts. \u00abCertaines \u00e9pouses en sont m\u00eame r\u00e9duites \u00e0 faire des m\u00e9nages\u00bb, t\u00e9moigne Michel Pierre, du journal \u00abL\u2019Inter-Forain\u00bb.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Avec la crise, les 150 000 marchands voyageurs traversent eux aussi des difficult\u00e9s. \u00abLes clients d\u00e9pensent moins\u00bb, regrette Steve Fran\u00e7ois. Apr\u00e8s un \u00e9t\u00e9 \u00e0 vendre des v\u00eatements sur les march\u00e9s proches de Perpignan, ce jeune Gitan vient de quitter le pays pour reprendre la route. Comme tous les ans. Direction le Tarn, o\u00f9 il rejoindra un convoi d\u2019une centaine de familles. Au programme : lente remont\u00e9e vers le Nord, halte en Ile-de-France, puis cap sur l\u2019Alsace avant de rejoindre le bercail, en juin prochain, par la vall\u00e9e du Rh\u00f4ne.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">A chaque \u00e9tape, Steve fait les march\u00e9s dans un rayon de 50 kilom\u00e8tres, participe aux r\u00e9unions \u00e9vang\u00e9listes locales, ach\u00e8te des fins de s\u00e9rie dans les usines textiles. Et, bien s\u00fbr, n\u2019omet jamais de rendre visite aux siens. \u00abMes grands-parents ont eu treize petits-enfants. Tous sont sur les march\u00e9s !\u00bb Une centaine de cort\u00e8ges de vendeurs, comprenant entre 100 et 250 familles, sillonne ainsi toute l\u2019ann\u00e9e l\u2019Hexagone.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Charlot Ziegler n\u2019abandonnerait cette vie pour rien au monde. Lui vend des tapis en faisant du porte-\u00e0-porte dans les beaux quartiers. \u00abJe me l\u00e8ve tr\u00e8s t\u00f4t et je finis tard pour rencontrer les clients en dehors de leurs heures de travail\u00bb. Si \u00e7a marche ? \u00abOn est des malins\u00bb, avoue-t-il. Toute sa fortune est l\u00e0, sur la route, pour en t\u00e9moigner. Pas de villa et encore moins d\u2019assurance-vie, mais deux superbes caravanes (une pour lui et son \u00e9pouse, une pour ses enfants), une camionnette Mercedes dans laquelle il entrepose son stock de kilims, et une Audi A6 anthracite rutilante, achet\u00e9e 20 000 euros d\u2019occasion il y a six ans.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">\u00abOn bosse dur, mais on s\u2019en sort quand m\u00eame pas mal\u2026\u00bb. Moins accros aux grands espaces que les marchands, les artisans, qui tracent la route dans les m\u00eames convois, finissent parfois par se s\u00e9dentariser autour de leur client\u00e8le locale. Arriv\u00e9s \u00e0 Montreuil dans les ann\u00e9es 1960, des centaines de Roms serbes travaillant dans le b\u00e2timent vivent d\u00e9sormais dans des pavillons.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Cela n\u2019emp\u00eache pas les banques de se montrer m\u00e9fiantes avec les voyageurs : en g\u00e9n\u00e9ral, elles refusent de leur pr\u00eater de l\u2019argent, faute, estiment-elles, de garanties suffisantes. Pour financer leurs voitures et leurs roulottes, les nomades en sont donc r\u00e9duits \u00e0 s\u2019endetter aupr\u00e8s des \u00e9tablissements de cr\u00e9dit \u00e0 la consommation (Cetelem, Cofinoga\u2026) \u00e0 des taux pouvant atteindre 20%. \u00abC\u2019est un peu une injustice, mais ils n\u2019ont pas le choix\u00bb, observe Christophe Robert, un responsable de la Fondation Abb\u00e9 Pierre qui conna\u00eet bien ces populations.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Bien entendu, le monde des caravanes poss\u00e8de aussi son prol\u00e9tariat : une centaine de milliers de travailleurs saisonniers peu ou pas qualifi\u00e9s, qui, entre deux ouvrages, subsistent gr\u00e2ce aux allocations familiales et au RSA. Les Michelet sont de ceux-l\u00e0. Il y a quelques ann\u00e9es, ils ont pos\u00e9 leurs caravanes sur un bout de terrain agricole qu\u2019ils ont achet\u00e9 pr\u00e8s de Romorantin, dans la vall\u00e9e du Cher.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Au printemps, ils cueillent les asperges et les fraises, l\u2019\u00e9t\u00e9, ils ramassent les cornichons. Des boulots rarement d\u00e9clar\u00e9s, bien s\u00fbr. Et, trois mois par an, ils vont chercher leur pitance ailleurs : \u00abOn fait les vendanges en Champagne, les pruneaux \u00e0 Agen, les cerises dans le Luberon, \u00e7a rapporte bien\u00bb, avoue Raymond. Combien ? Le smic\u2026 Des membres de sa famille font \u00e9galement un peu de ferraille, distribuent des prospectus et travaillotent dans le b\u00e2timent, au noir ou sous un statut d\u2019autoentrepreneur. Pas folichon.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Mais tout de m\u00eame bien en comparaison des Roms. Eux se d\u00e9battent dans une mis\u00e8re noire. Comme ils n\u2019ont droit \u00e0 aucune aide sociale, ils s\u2019habillent au Secours populaire, font la queue devant les Restos du C\u0153ur et r\u00e9cup\u00e8rent, le soir, des l\u00e9gumes g\u00e2t\u00e9s et des barquettes p\u00e9rim\u00e9es dans des poubelles d\u2019hypermarch\u00e9s. Que font-ils ? Pas grand-chose, en v\u00e9rit\u00e9. Les rares un tant soit peu qualifi\u00e9s vendent leur force de travail \u00e0 la sortie des magasins de bricolage.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Chargement et d\u00e9chargement de mat\u00e9riaux, coup de main pour la peinture\u2026 Si tout va bien, ils toucheront une trentaine d\u2019euros pour une journ\u00e9e de travail. Toujours mieux que les camarades qui font la musique dans le m\u00e9tro (ils ramassent 25 euros), lavent les pare-brise aux feux rouges ou vendent des jonquilles ramass\u00e9es dans les squares (20 euros de gain quotidien). Quant \u00e0 ceux qui, comme Lyuba, se contentent de se livrer \u00e0 la mendicit\u00e9 huit heures d\u2019affil\u00e9e, ils ne peuvent gu\u00e8re esp\u00e9rer plus de 15 euros. D\u00e9risoire, peut-\u00eatre, mais pas aux yeux de cette Roumaine de 20 ans. Parce que, en prenant le quart tous les matins devant une boulangerie de Montmartre avec son b\u00e9b\u00e9 dans les bras, elle gagne trois fois l\u2019\u00e9quivalent du smic de son pays, que, d\u2019ailleurs, elle n\u2019aurait aucune chance de toucher dans sa Craiova natale.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Presque cyniquement, les lois du march\u00e9 se sont m\u00eal\u00e9es de pervertir cette \u00e9conomie de la subsistance. Une famille qui d\u00e9niche un terrain vague bat aussit\u00f4t le rappel de ses compagnons, apr\u00e8s y avoir elle-m\u00eame pris ses quartiers en qualit\u00e9 de chef de camp. Pour pouvoir y installer leurs baraquements, les autres groupes devront lui verser un loyer. \u00abCette d\u00eeme varie de 30 \u00e0 150 euros par mois dans les 40 campements de Seine-Saint-Denis\u00bb, estime le sociologue Olivier Peyroux, de l\u2019association montreuilloise Hors la rue.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">D\u2019autres clans s\u2019improvisent banquiers : ils pr\u00eatent de l\u2019argent \u00e0 des taux usuraires ou avancent le prix du voyage \u00e0 des candidats \u00e0 l\u2019immigration. Cette dette \u00e0 prix fort s\u2019appelle la \u00abkamata\u00bb. Pour la rembourser, certains Roms sombrent parfois dans la vraie d\u00e9linquance : vol de m\u00e9taux, pillage de jantes de voitures et de r\u00e9troviseurs et autres fric-frac. Quand ils ne sont pas oblig\u00e9s de mettre leurs enfants au service de leurs cr\u00e9anciers. Voil\u00e0 comment des gamins de 10 ans sont contraints de se livrer \u00e0 toutes sortes de trafics, comme dans Dickens, leur jeune \u00e2ge leur garantissant une certaine impunit\u00e9 (lire l\u2019encadr\u00e9 ci-dessous). Et parfois m\u00eame \u00e0 la prostitution.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">En revanche, la communaut\u00e9 des gens du voyage n\u2019est pas connue des sp\u00e9cialistes pour \u00eatre particuli\u00e8rement criminog\u00e8ne. Bien s\u00fbr, certains de ses membres se laissent parfois aller \u00e0, disons, quelques d\u00e9rapages. Les saisonniers solognots, par exemple, se livrent au braconnage avec tant de d\u00e9lectation qu\u2019on les surnomme les \u00abrenards \u00e0 deux pattes\u00bb, les couvreurs-zingueurs et les \u00e9lagueurs y vont de temps \u00e0 autre un peu fort sur les factures avec les personnes \u00e2g\u00e9es et, sans les trafics d\u2019\u0153uvres d\u2019art vol\u00e9es, certains marchands des puces seraient bien en peine de garnir leur \u00e9choppe.<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Quant aux Manouches qui contr\u00f4lent la fili\u00e8re de la r\u00e9cup\u00e9ration des m\u00e9taux, ils leur arrive de prendre des distances avec les bonnes pratiques commerciales : la police parisienne enqu\u00eate actuellement sur un vaste trafic de m\u00e9taux en bande organis\u00e9e\u2026<\/div>\n<div style=\"text-align: justify;\">Mais ces filouteries si souvent point\u00e9es du doigt par l\u2019opinion ne doivent pas faire illusion : les nombreux policiers que nous avons interrog\u00e9s nous l\u2019ont tous confirm\u00e9, il est bien rare que l\u2019arriv\u00e9e d\u2019un camp dans une ville soit marqu\u00e9 par une flamb\u00e9e des vols ou des actes de d\u00e9linquance. En g\u00e9n\u00e9ral, il ne se passe\u2026 rien. \u00abLe quartier gitan est le plus tranquille de l\u2019agglom\u00e9ration\u00bb, fait m\u00eame remarquer Pierre Parrat, adjoint au maire de Perpignan. En somme, on n\u2019est pas plus malhonn\u00eate en caravane qu\u2019en maison individuelle.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une fois de plus  mettons  \u00e0 bas les pr\u00e9jug\u00e9s tenaces <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[24],"tags":[],"class_list":["post-850","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-scolarisationsantetravail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/850","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=850"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/850\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=850"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=850"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=850"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}