{"id":467,"date":"2007-12-20T11:12:17","date_gmt":"2007-12-20T10:12:17","guid":{"rendered":"http:\/\/rt.boullier.fr\/?p=467"},"modified":"2007-12-20T11:12:17","modified_gmt":"2007-12-20T10:12:17","slug":"art467","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/2007\/12\/20\/art467\/","title":{"rendered":"Une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale  ouverte"},"content":{"rendered":"<p>{{<br \/>\nRAPPORT A L&#8217;ASSEMBLEE GENERALE DU 15 DECEMBRE 2007}}<\/p>\n<p>Il y aura bient\u00f4t cinq ans que nous nous r\u00e9unissions \u00e0 quelques-uns pour constituer l&#8217;association RENCONTRES TSIGANES. Il nous semble donc n\u00e9cessaire aujourd&#8217;hui, au-del\u00e0 du traditionnel rapport annuel d&#8217;activit\u00e9, de faire le point et, avec  les adh\u00e9rents, de tenter d&#8217;\u00e9valuer  ces cinq ann\u00e9es d&#8217;activit\u00e9s  en les confrontant aux objectifs que nous nous \u00e9tions fix\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9poque et que l&#8217;on rappellera : <\/p>\n<p>&#8211;\tB\u00e2tir des passerelles entre les uns et les autres, les Tsiganes et les Gadg\u00e9s,   et faire reconna\u00eetre et d\u00e9fendre les droits de chacun.<br \/>\n&#8211;\tFaire conna\u00eetre et mettre en valeur la culture tsigane et cr\u00e9er des occasions de f\u00eates et de solidarit\u00e9.<br \/>\n&#8211;\tInformer les responsables locaux et r\u00e9gionaux de la r\u00e9alit\u00e9 des besoins et des modes de vie des Tsiganes. <\/p>\n<p>Tout en mesurant l&#8217;ampleur de la t\u00e2che qui demeure, il est cependant utile de mettre en lumi\u00e8re les  premiers r\u00e9sultats acquis au cours de ces cinq ann\u00e9es.<\/p>\n<p>LA RENCONTRE et le DIALOGUE<\/p>\n<p>En cinq ans, nous avons pu nouer des relations de confiance et m\u00eame souvent d&#8217;amiti\u00e9 avec de nombreux Tsiganes et en particulier des voyageurs.  En les rencontrant sur leurs lieux de vie, en les informant sur leurs droits, en les assistant dans les conflits avec les autorit\u00e9s, nous avons pu ainsi cr\u00e9er des relations de confiance et de respect r\u00e9ciproque. C&#8217;est fr\u00e9quemment aujourd&#8217;hui que certains n&#8217;h\u00e9sitent pas \u00e0 nous appeler de l&#8217;autre bout de la France (vive le t\u00e9l\u00e9phone portable) pour une information, un avis ou un conseil.  D&#8217;autres ont franchi le pas et adh\u00e8rent \u00e0 Rencontres Tsiganes pour y prendre des responsabilit\u00e9s ; ils sont encore trop peu nombreux, mais ils y jouent un r\u00f4le indispensable. Malgr\u00e9 les charges que cela leur cr\u00e9e, nous n&#8217;h\u00e9sitons pas \u00e0 les mobiliser pour des r\u00e9unions avec les autorit\u00e9s, des conf\u00e9rences de presse, des interventions de formation ou tout autre manifestation publique. Qu&#8217;ils en soient ici remerci\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette orientation est, nous en sommes convaincus, la principale caract\u00e9ristique de notre association qu&#8217;il convient de d\u00e9velopper sans rel\u00e2che. Nous connaissons les r\u00e9ticences de part et d&#8217;autre qu&#8217;il faut surmonter pour qu&#8217;un dialogue vrai s&#8217;instaure apr\u00e8s des si\u00e8cles d&#8217;ignorance et de m\u00e9pris. On nous a parfois accus\u00e9 par certains de parler abusivement au nom de Tsiganes. S&#8217;il nous est arriv\u00e9, dans l&#8217;urgence, d&#8217;exprimer un point de vue  sans en d\u00e9battre, notre mode de fonctionnement permet, nous semble-il, \u00e0 chacun, une libert\u00e9 d&#8217;expression qui n&#8217;est \u00e0 ce jour pas d\u00e9mentie. <\/p>\n<p>Ces r\u00e9sultats acquis aupr\u00e8s des voyageurs sont plus modestes lorsqu&#8217;il s&#8217;agit des Tsiganes s\u00e9dentaires ou des Gitans.  En apparence plus int\u00e9gr\u00e9s \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 qu&#8217;ils c\u00f4toient, leurs besoins et leurs attentes  sont diff\u00e9rents  m\u00eame s&#8217;ils  revendiquent une histoire et une culture  proche de celles des voyageurs. Nous nous refusons d&#8217;ailleurs \u00e0 rentrer dans une classification administrative trop rigide pour nous attacher \u00e0 mettre en \u00e9vidence les exclusions dont sont victimes les uns et les autres. C&#8217;est aupr\u00e8s de ce public que, nous le verrons, nous allons faire porter l&#8217;effort dans les prochains mois. <\/p>\n<p>LA DEFENSE DES DROITS ET L&#8217;INTERPELLATION DES POUVOIRS PUBLICS<\/p>\n<p>La mise en &#339;uvre de la loi du 5 juillet 2000 a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&#8217;origine de nos premiers combats.  Nous  pensions, avec d&#8217;autres et surtout avec les voyageurs, que la mise en application de ce texte allait sensiblement  am\u00e9liorer les conditions de vie de ces familles. Force est de constater, pr\u00e8s de huit ans apr\u00e8s le vote de la loi, que, dans beaucoup de lieux en France et tout sp\u00e9cialement dans notre r\u00e9gion, il n&#8217;en est rien.  Les maires, sauf exption, ont partout fait obstacle \u00e0 la r\u00e9alisation des aires d&#8217;accueil et les repr\u00e9sentants  de l&#8217;Etat, trop frileux, n&#8217;ont pas pu ou voulu faire appliquer le droit. Dans les six d\u00e9partements de la r\u00e9gion Provence-Alpes-C\u00f4te-d&#8217;Azur, le nombre de places de stationnement de caravanes existant \u00e0 ce jour est de l&#8217;ordre de 400 alors que 3650 avaient \u00e9t\u00e9 programm\u00e9es. Nous n&#8217;avons pas cess\u00e9 de d\u00e9noncer cette situation absurde dont certains \u00e9lus tiraient parti pour stigmatiser davantage les voyageurs aupr\u00e8s de leurs \u00e9lecteurs. <\/p>\n<p>Nous sommes \u00e9galement intervenus \u00e0 de multiples reprises, et souvent en vain, aupr\u00e8s des repr\u00e9sentants de l&#8217;Etat pour que les commissions d\u00e9partementales en charge du suivi des sch\u00e9mas d&#8217;accueil soient  r\u00e9unies et que les int\u00e9ress\u00e9s y soient convi\u00e9s. \u00c0 plusieurs reprises, il a fallu forcer la main des autorit\u00e9s pour que les voyageurs puissent s&#8217;exprimer comme \u00e0 Toulon ou Marseille. Dans plusieurs occasions, en m\u00e9connaissance de la loi et \u00e0 la demande de maires, des proc\u00e9dures d&#8217;expulsion de caravanes ont \u00e9t\u00e9 engag\u00e9es. Nos interventions ont pu parfois \u00e9viter  de tels abus de  droit.<\/p>\n<p>Plus grave encore, depuis quatre ans, les gouvernements successifs  et le Parlement ont \u00e9dict\u00e9  de nouvelles r\u00e8gles qui viennent en grande partie vider la loi du 5 juillet 2000 de son sens. Les voyageurs sont plus que jamais consid\u00e9r\u00e9s par les autorit\u00e9s comme des gens dangereux, vivant au crochet de la soci\u00e9t\u00e9. La criminalisation de ceux qui,  class\u00e9s comme SDF, refusent  de s&#8217;arr\u00eater, se confirme chaque jour.  Notons cependant une lueur d&#8217;espoir  avec les derni\u00e8res d\u00e9clarations de Madame BOUTIN, Ministre du logement, lors de la derni\u00e8re r\u00e9union de la commission nationale  des gens du voyage. Les bonnes intentions seront-elles suivies d&#8217;effet ?  On notera \u00e9galement que, dans les Bouches-du-Rh\u00f4ne, le Pr\u00e9fet a r\u00e9pondu favorablement \u00e0 notre demande en  nous conviant \u00e0 prendre part \u00e0 un groupe de travail charg\u00e9 de remettre \u00e0 jour le sch\u00e9ma d\u00e9partemental d&#8217;accueil conform\u00e9ment \u00e0 la loi. <\/p>\n<p>La d\u00e9fense des droits, c&#8217;est celle aussi de citoyens confront\u00e9s \u00e0 des r\u00e9glementations complexes qu&#8217;ils connaissent mal et \u00e0 des mises en cause souvent motiv\u00e9es par l&#8217;origine connue ou suppos\u00e9e des int\u00e9ress\u00e9s.  Refus de stationner sur des terrains priv\u00e9s dont ils sont propri\u00e9taires, obstacles \u00e0 l&#8217;acquisition de terrain, refus d&#8217;un branchement \u00e9lectrique, d&#8217;une simple cl\u00f4ture ou, plus grave encore, refus d&#8217;inscrire les enfants \u00e0 l&#8217;\u00e9cole : tous les moyens sont bons pour dissuader les Tsiganes de<br \/>\ns&#8217;arr\u00eater et encore moins de s&#8217;installer.  Les lois et r\u00e8glements dans ce domaine sont complexes et fluctuants en fonction d&#8217;un juge ou d&#8217;une r\u00e9gion. Une part importante de notre activit\u00e9 au quotidien consiste \u00e0 clarifier la situation, intervenir aupr\u00e8s des \u00e9lus en leur rappelant  la loi et  parfois conseiller le recours \u00e0 la justice. Dans ce dernier cas, le conseil d&#8216;un avocat  comp\u00e9tent s&#8217;av\u00e8re indispensable et conduit tr\u00e8s fr\u00e9quemment \u00e0 un succ\u00e8s. Nous savons aussi que  les proc\u00e9dures judiciaires sont co\u00fbteuses et al\u00e9atoires et que bien peu d&#8217;avocats comp\u00e9tents acceptent de prendre en charge de tels dossiers.  <\/p>\n<p>Ce r\u00f4le de conseil juridique de  notre association, parfois d\u00e9cevant, est cependant d\u00e9terminant. Il permet aux Tsiganes, voyageurs ou s\u00e9dentaires, qui s&#8217;adressent \u00e0 nous de conna\u00eetre leurs droits et, souvent, de  retrouver confiance en la justice et aux r\u00e8gles de droit qui r\u00e8glent la vie collective commune. <\/p>\n<p>L&#8217;INFORMATION,    LA COMMUNICATION,    LA CULTURE.<\/p>\n<p>Nous avons, depuis longtemps d\u00e9j\u00e0, exprim\u00e9 la conviction que l&#8217;une des raisons principales  des pr\u00e9jug\u00e9s et des conflits entre les Tsiganes et les Gadg\u00e9s  \u00e9tait due \u00e0 l&#8217;ignorance r\u00e9ciproque des uns et des autres. Certes, on peut trop souvent encore constater des attitudes et des propos qui rel\u00e8vent directement d&#8217;un racisme ordinaire (voir le pr\u00e9fet Girod de Langlade enfin condamn\u00e9). Plus fr\u00e9quemment, la m\u00e9connaissance ou les pr\u00e9jug\u00e9s sont \u00e0 l&#8217;origine de l&#8217;exclusion. C&#8217;est ce qui nous a conduit depuis 5 ans \u00e0 privil\u00e9gier, par tous les moyens, des actions d&#8217;information aupr\u00e8s de tous les publics. <\/p>\n<p>Conf\u00e9rences de presse, communiqu\u00e9s, colloques, reportages et interviews t\u00e9l\u00e9vis\u00e9s, interventions dans les \u00e9coles et coll\u00e8ges, formations d&#8217;agents publics, site Internet,   participation \u00e0 des festivals et des f\u00eates, etc&#8230; Ce sont autant d&#8217;occasions de combattre quelques id\u00e9es re\u00e7ues et  d&#8217;engager  un vrai dialogue. Nous veillons tout particuli\u00e8rement \u00e0 ce que, dans chacune de ces manifestations publiques, la parole soit donn\u00e9e aux int\u00e9ress\u00e9s eux-m\u00eames. Ce n&#8217;est pas toujours facile, car certains pr\u00e9f\u00e8rent rester dans l&#8217;ombre par modestie ou par crainte.  <\/p>\n<p>Parmi ces diverses interventions, il convient de donner une mention sp\u00e9ciale au film de Rolland COTTET \u00ab le droit de vivre \u00bb  qui, depuis bient\u00f4t quatre ans, est un remarquable support de d\u00e9bats. Rappelons aussi la semaine tsigane que nous avons organis\u00e9e en d\u00e9cembre 2004, la conf\u00e9rence  internationale au Conseil R\u00e9gional PACA en octobre 2006 et plus r\u00e9cemment, en octobre 2007, le festival TZIGANIA organis\u00e9 par les \u00e9tudiants aixois avec notre appui. Chaque fois que cela est possible, nous r\u00e9pondons aux demandes d&#8217;interventions lors de rencontres culturelles ou musicales dans la r\u00e9gion (Brian\u00e7on, Digne, Aubagne, Avignon, Aix-en-Provence etc&#8230;) ; Depuis quelque temps, il nous est demand\u00e9 d&#8217;intervenir dans diverses formations : travailleurs sociaux, fonctionnaires, m\u00e9decins,  \u00e9l\u00e8ves ; ceci n\u00e9cessite de notre part une solide pr\u00e9paration et  la disponibilit\u00e9 de plusieurs membres. Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 mis en difficult\u00e9 lors d&#8217;une formation r\u00e9cente, nous avons cependant convenu de poursuivre dans cette voie en y associant, chaque fois que possible, des intervenants tsiganes. C&#8217;est ainsi que, dans le cadre du programme \u00ab actions \u00e9ducatives en coll\u00e8ges \u00bb initi\u00e9 par le Conseil G\u00e9n\u00e9ral des Bouches-du-Rh\u00f4ne, nous aurons \u00e0 intervenir prochainement dans plusieurs coll\u00e8ges du d\u00e9partement. L\u00e0 encore la mobilisation de nos adh\u00e9rents s&#8217;av\u00e8re indispensable. <\/p>\n<p> Mentionnons  aussi le site Internet de notre association rencontrestsiganes.asso.fr. C&#8217;est aujourd&#8217;hui un moyen de communication indispensable. Depuis sa cr\u00e9ation fin 2005, il est  visit\u00e9 par un nombre sans cesse croissant d&#8217;internautes : 32.000 visites depuis l&#8217;origine et un rythme actuel de 2000 visites par mois ;  400 correspondants re\u00e7oivent les nouveaut\u00e9s tous les quinze jours.  De conception artisanale, il est tenu \u00e0 jour r\u00e9guli\u00e8rement  et m\u00e9riterait  un look plus attractif (on demande des volontaires comp\u00e9tents). <\/p>\n<p>L&#8217;ACCES AU DROIT DES TSIGANES : UN CONSTAT ACCABLANT<\/p>\n<p>Ce premier bilan, s&#8217;il n&#8217;est pas n\u00e9gligeable, ne doit cependant pas laisser croire \u00e0 un quelconque satisfecit de notre part. Durant ces cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, force est de constater que les conditions de vie des Tsiganes en France et dans notre r\u00e9gion se sont largement d\u00e9grad\u00e9es. C&#8217;est ce m\u00eame constat que faisaient r\u00e9cemment les participants au dixi\u00e8me anniversaire de l&#8217;Association des Gens du Voyage Catholiques (ANGVC) en constatant  les nombreux reculs par rapport aux lois Besson de 1989 et 2000. <\/p>\n<p>Dans la r\u00e9gion Provence-Alpes-C\u00f4te-d&#8217;azur, le m\u00eame constat s&#8217;applique : absence d&#8217;aires d&#8217;accueil et de grand passage,  multiplication des  menaces et des proc\u00e9dures d&#8217;expulsion vis-\u00e0-vis de voyageurs, opposition \u00e0 toutes formes de s\u00e9dentarisation, refus de branchements \u00e9lectriques et parfois m\u00eame de scolarisation ; bref, pour les voyageurs comme pour nous, la loi Besson dans laquelle nous avions mis beaucoup d&#8217;espoir s&#8217;apparente \u00e0 un leurre. On lira, pour plus de d\u00e9tails, le rapport soumis par Rencontres Tsiganes au pr\u00e9fet des Bouches-du-Rh\u00f4ne concernant l&#8217;\u00e9valuation du sch\u00e9ma d\u00e9partemental. Cette situation se retrouve avec quelques nuances dans les autres d\u00e9partements de la r\u00e9gion. Un seul \u00e9l\u00e9ment de satisfaction  doit \u00eatre not\u00e9 : malgr\u00e9 le harc\u00e8lement des polices municipales et l&#8217;intimidation des maires, les proc\u00e9dures d&#8217;expulsion engag\u00e9es ne sont pas toujours suivies par les tribunaux car les voyageurs ont compris qu&#8217;ils avaient int\u00e9r\u00eat \u00e0 faire valoir leurs droits devant la justice. Par ailleurs, le recours \u00e0 la force publique n&#8217;est accord\u00e9 qu&#8217;exceptionnellement par les pr\u00e9fets conform\u00e9ment \u00e0 la loi. <\/p>\n<p>D&#8217;autres  groupes de familles tsiganes subissent aussi dans la r\u00e9gion cette d\u00e9gradation de leurs conditions de vie. On \u00e9voque ici les nombreuses familles qui, s&#8217;\u00e9tant r\u00e9sign\u00e9es \u00e0 la s\u00e9dentarisation, n&#8217;ont pu trouver d&#8217;espace pr\u00e9vu pour leur stationnement et sont de moins en moins tol\u00e9r\u00e9es en limite des communes. On ne compte plus les multiples proc\u00e8s engag\u00e9s contre elles pour non-respect des r\u00e8glements d&#8217;urbanisme trop souvent abusifs ou discriminatoires ou encore les refus r\u00e9p\u00e9t\u00e9s et ill\u00e9gaux d&#8217;EDF de fournir l&#8217;\u00e9lectricit\u00e9.  <\/p>\n<p>Un constat similaire doit \u00eatre fait pour les familles qui, depuis longtemps s\u00e9dentaris\u00e9es, ont  cherch\u00e9 \u00e0 s&#8217;adapter \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 urbaine. S&#8217;il y a une trentaine d&#8217;ann\u00e9es, les collectivit\u00e9s locales ont essay\u00e9, parfois avec succ\u00e8s, de proposer des modes d&#8217;habitat adapt\u00e9, avec le temps, ces cit\u00e9s, mal g\u00e9r\u00e9es et mal entretenues, se sont av\u00e9r\u00e9es de v\u00e9ritables ghettos et des pi\u00e8ges pour les familles. Aujourd&#8217;hui  dans les villes de la r\u00e9gion, hormis deux ou trois cas,  ces lieux de rel\u00e9gation sont destin\u00e9s \u00e0 la d\u00e9molition sans que, la plupart du temps, aucune solution de remplacement ne soit propos\u00e9e aux  familles. <\/p>\n<p>Pour conclure ce constat accablant, on ne saurait oublier ici le sort r\u00e9serv\u00e9 aux familles de Rroms issues des pays d&#8217;Europe de l&#8217;Est et en particulier de l&#8217;ex-Yougoslavie mais aussi de la Roumanie et de la Bulgarie. Nous avons conscience que le rapprochement souvent hasardeux fait par certains, entre ces nouveaux arrivants et les Tsiganes fran\u00e7ais n&#8217;est pas judicieux.  Toutefois les uns comme les autres peuvent revendiquer, au moins en partie, une histoire et une culture communes. L&#8217;Union  Europ\u00e9enne, le Conseil de l&#8217;Europe ou encore les instances de l&#8217;ONU rappellent r\u00e9guli\u00e8rement aux Etats leurs devoirs vis-\u00e0-vis de cette minorit\u00e9  europ\u00e9enne r\u00e9guli\u00e8rement  menac\u00e9e, discrimin\u00e9e et exclue des droits \u00e9l\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>Rencontres Tsiganes a, d\u00e9s l&#8217;origine, pris position pour la d\u00e9fense de cette cat\u00e9gorie d&#8217;exclus. Apr\u00e8s des ann\u00e9es de silence coupable de la part des pouvoirs publics, la situation de ces personnes devient scandaleuse et des premiers signes d&#8217;ouverture apparaissent que nous suivons avec attention dans  le cadre d&#8217;un comit\u00e9, avec notamment M\u00e9decins du Monde, la Cimade, la Fondation Abb\u00e9 Pierre et la LDH. Ce comit\u00e9 intervient en liaison avec le collectif national Romeurope. <\/p>\n<p>LES PERSPECTIVES<\/p>\n<p>\u00c0 travers ce qui pr\u00e9c\u00e8de, on aura constat\u00e9 la faiblesse des moyens de notre association face aux enjeux \u00e0 affronter. Les  limites  de notre projet associatif sont communes \u00e0 bien d&#8217;autres groupements similaires : disponibilit\u00e9s des adh\u00e9rents, faiblesse des moyens d&#8217;actions, reconnaissance de la part des institutions, risque de dispersion des t\u00e2ches, difficult\u00e9s du d\u00e9bat et de la d\u00e9cision collective, etc..   Pour Rencontres Tsiganes, ces  limites et ces contraintes sont  amplifi\u00e9es par le d\u00e9calage consid\u00e9rable entre le droit commun, l&#8217;affirmation de l&#8217;\u00e9galit\u00e9 de tous les citoyens devant la loi et les pratiques permanentes d&#8216;exclusion, de discrimination et de rejet aliment\u00e9es par des pr\u00e9jug\u00e9s ancestraux empreints de x\u00e9nophobie et racisme.  <\/p>\n<p>Ce constat ne saurait cependant nous d\u00e9mobiliser mais plut\u00f4t nous conduire \u00e0 plus de conviction et d&#8217;efficacit\u00e9 dans notre action. Quatre pistes de travail sont donc propos\u00e9es pour les prochains mois : <\/p>\n<p>Le fonctionnement et l&#8217;organisation de l&#8217;association. <\/p>\n<p> Au-del\u00e0 des adh\u00e9rents, c&#8217;est aujourd&#8217;hui une trentaine de personnes qui, \u00e0 divers titres, jouent un r\u00f4le actif sans n\u00e9cessairement  prendre part \u00e0 toutes nos initiatives. Les contraintes de temps pour les actifs et parfois de sant\u00e9 pour les retrait\u00e9s rendent n\u00e9cessaires d&#8217;\u00e9largir ce nombre pour  faire face aux engagements qui nous attendent dans la r\u00e9gion. Nous n&#8217;avons pas la  pr\u00e9tention d&#8217;\u00eatre les seuls \u00e0 agir dans ce domaine et nous chercherons \u00e0 associer  \u00e0 nos projets les autres organismes ou associations qui partagent nos objectifs.  C&#8217;est ainsi que, dans le Var, nous cherchons \u00e0 poursuivre les premi\u00e8res d\u00e9marches rassemblant  quelques personnes et associations locales permettant de r\u00e9pondre sur place aux multiples difficult\u00e9s dont nous sommes saisis. Une m\u00eame d\u00e9marche pourrait voir le jour dans le Vaucluse et les Alpes-Maritimes, d\u00e9partement o\u00f9 la situation de Tsiganes est particuli\u00e8rement critique. <\/p>\n<p>Plusieurs groupes de travail doivent \u00eatre davantage renforc\u00e9s pour mener \u00e0 bien les projets. <\/p>\n<p>1\u00b0 L&#8217;enqu\u00eate sur les s\u00e9dentaires \u00e0 Marseille puis dans la r\u00e9gion : apr\u00e8s un certain retard, ce travail prend forme et devrait aboutir l&#8217;ann\u00e9e prochaine sur un document et une manifestation impliquant directement les int\u00e9ress\u00e9s.  <\/p>\n<p>2\u00b0 La remise \u00e0 jour des sch\u00e9mas d\u00e9partementaux d&#8217;accueil. Nous sommes attendus par les services de l&#8217;Etat dans les Bouches-du-Rh\u00f4ne et certains maires pour faire des propositions constructives tant sur la r\u00e9alisation des aires d&#8217;accueil que sur leur gestion. Il conviendrait qu&#8217;une m\u00eame d\u00e9marche soit engag\u00e9e dans les autres d\u00e9partements. <\/p>\n<p>3\u00b0 La formation, l&#8217;information. Les demandes se multiplient auxquelles  il serait regrettable de ne pas r\u00e9pondre faute de disponibilit\u00e9s et de moyens. <\/p>\n<p>4\u00b0 La culture et la f\u00eate. Plusieurs sollicitations nous sont faites et notamment par le BADABOUM Th\u00e9\u00e2tre, \u00e0 Marseille, qui avec d&#8217;autres institutions propose un ambitieux programme pour le printemps prochain.<\/p>\n<p>5\u00b0 Les Rroms migrants  \u00e0 Marseille et dans la r\u00e9gion.  La pr\u00e9sence de ces familles, en nombre croissant dans la r\u00e9gion, justifie de notre part, au-del\u00e0 de l&#8217;urgence humanitaire, une connaissance,  une  information et une attention soutenue de leurs motivations et du respect de leurs droits. <\/p>\n<p>Ces diff\u00e9rentes priorit\u00e9s ne doivent pas nous dispenser d&#8217;une r\u00e9flexion collective sur l&#8217;attitude de nos concitoyens vis-\u00e0-vis d&#8217;une minorit\u00e9 certes modeste et peu organis\u00e9e. La r\u00e9sistance historique \u00e0 l&#8217;assimilation du peuple tsigane pour d\u00e9fendre, malgr\u00e9 l&#8217;adversit\u00e9, sa culture et son mode de vie, doit nous interroger sur les atouts d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 multiculturelle qui accepterait  de s&#8217;enrichir des diff\u00e9rences  au-del\u00e0 des mots et des discours.     <\/p>\n<p>Marseille le 15\/11\/2007<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans une ambiance sympathique, studieuse mais aussi festive nous nous sommes retrouv\u00e9s  nombreux samedi dernier pour faire le point . 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