{"id":426,"date":"2007-09-19T14:32:05","date_gmt":"2007-09-19T13:32:05","guid":{"rendered":"http:\/\/rt.boullier.fr\/?p=426"},"modified":"2007-09-19T14:32:05","modified_gmt":"2007-09-19T13:32:05","slug":"art426","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/2007\/09\/19\/art426\/","title":{"rendered":"A lire absolument : \u00ab\u00a0ZOLI\u00a0\u00bb de Colum McCann"},"content":{"rendered":"<p>{{\u00ab\u00a0Zoli\u00a0\u00bb : sur la route, avec les Roms}}<\/p>\n<p>LE MONDE DES LIVRES | 23.08.07 |<\/p>\n<p>C&rsquo;est une forme de litt\u00e9rature qui fleurit chez les Anglo-Saxons. Comment la d\u00e9crire ? Des images d&rsquo;horticulture viennent \u00e0 l&rsquo;esprit. Au d\u00e9part, l&rsquo;\u00e9crivain choisit ce que les botanistes appellent un \u00ab\u00a0sujet robuste\u00a0\u00bb : une histoire vraie, un personnage ayant r\u00e9ellement exist\u00e9&#8230; Sur ce tronc, il implante des greffons (documents d&rsquo;archives, fiction pure, cr\u00e9ation po\u00e9tique, reportage journalistique&#8230;). L&rsquo;id\u00e9e est de faire fusionner, sur un m\u00eame th\u00e8me, des \u00e9crits de nature totalement diff\u00e9rente. Si la greffe prend, le fruit de ces croisements a des saveurs in\u00e9dites. Le lecteur ne sait plus o\u00f9 passent les fronti\u00e8res entre les genres, mais l&rsquo;effet d&rsquo;authenticit\u00e9 est total : c&rsquo;est le signe que le livre est r\u00e9ussi.<\/p>\n<p>Les Britanniques et les Am\u00e9ricains pratiquent de plus en plus cette forme d'\u00a0\u00bbhybridation romanesque\u00a0\u00bb. Julian Barnes, dans Arthur et George, fait surgir un Arthur Conan Doyle plus vrai que nature dans un contexte victorien enti\u00e8rement invent\u00e9 (Mercure de France, 2007). Jonathan Coe, dans Le Cercle ferm\u00e9 (Gallimard, 2006), fond l&rsquo;histoire de ses personnages dans un quasi-documentaire politique sur le d\u00e9clin du blairisme. Mais c&rsquo;est sans doute l&rsquo;Irlandais Colum McCann qui a pouss\u00e9 le plus loin ce type d&rsquo;exp\u00e9rimentation.<br \/>\nIl y a presque dix ans, dans Les Saisons de la nuit, il tournait d\u00e9j\u00e0 autour de cette forme composite, articulant son intrigue entre la recherche minutieuse (sur la classe ouvri\u00e8re am\u00e9ricaine au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle) et l&rsquo;enqu\u00eate de terrain (chez les SDF de Manhattan), faisant ainsi revivre un si\u00e8cle d&rsquo;histoire dans un New York m\u00e9connu.<br \/>\nCinq ans plus tard, il affinait la m\u00e9thode avec Danseur, une remarquable vie de Rudolf Noure\u00efev o\u00f9, dit-il, ce qui l&rsquo;int\u00e9ressait \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment \u00ab\u00a0cette ligne arbitraire entre ce qui est r\u00e9el et ce qui ne l&rsquo;est pas\u00a0\u00bb. Et voil\u00e0 sans doute l&rsquo;apog\u00e9e de sa d\u00e9marche, Zoli, un \u00e9pais roman o\u00f9 il s&#8217;empare d&rsquo;un personnage ayant r\u00e9ellement exist\u00e9 (la chanteuse et po\u00e9tesse gitane Papusza, rebaptis\u00e9e par lui Zoli Novotna) pour reconstituer l&rsquo;univers m\u00e9connu et myst\u00e9rieux des Roms.<br \/>\nTch\u00e9coslovaquie, 1930. Dans les montagnes des Carpates, que son peuple appelle joliment les Grelottantes, la petite Zoli, 6 ans, survit miraculeusement, ainsi que son grand-p\u00e8re, \u00e0 l&rsquo;an\u00e9antissement de sa famille et de son campement par une horde de Hlinkas, des membres d&rsquo;un parti populaire slovaque d&rsquo;ob\u00e9dience \u00ab\u00a0fasciste cl\u00e9ricale\u00a0\u00bb. McCann d\u00e9crit ainsi cette sc\u00e8ne o\u00f9 la barbarie atteint des sommets de raffinement : \u00ab\u00a0Les Hlinkas les avaient rassembl\u00e9s sur la glace, ils avaient allum\u00e9 leurs feux tout autour sur la rive, ils braquaient leurs fusils pour qu&rsquo;ils ne s&rsquo;\u00e9chappent pas. Lorsqu&rsquo;il a commenc\u00e9 \u00e0 faire moins froid, dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, les roulottes, bien oblig\u00e9es, se sont d\u00e9plac\u00e9es vers le milieu du lac. Mais la glace a fini par craquer, les roues se sont enfonc\u00e9es et tout a coul\u00e9 en m\u00eame temps, les harpes et les chevaux.\u00a0\u00bb<br \/>\nCette image est un peu la m\u00e9taphore du roman tout entier. Entre 1930 et 2003, date \u00e0 laquelle s&rsquo;arr\u00eate son parcours, Zoli ne fera, au fond, que constater le lent naufrage de son peuple &#8211; apr\u00e8s le fascisme, le communisme ne sera gu\u00e8re plus favorable aux Tziganes, ni le postcommunisme, et l&rsquo;on peine \u00e0 croire que la conf\u00e9rence internationale qui, \u00e0 la fin du livre, se tient \u00e0 Paris dans les ann\u00e9es 2000 am\u00e9liorera radicalement leur situation.<\/p>\n<p>Pour autant, il n&rsquo;y a chez McCann aucun parti pris. \u00ab\u00a0Ce dont je me souviens le plus, c&rsquo;est de l&rsquo;arri\u00e8re de la roulotte quand, toute v\u00eatue de rouge, je regardais d\u00e9filer la route\u00a0\u00bb, fait-il dire \u00e0 Zoli. Dans ces 300 pages, l&rsquo;auteur nous invite \u00e0 nous asseoir \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Rien de plus. A contempler le chemin parcouru depuis l&rsquo;avant-guerre, \u00e0 sillonner les routes de Boh\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Italie, l&rsquo;Autriche et m\u00eame la France, \u00e0 d\u00e9couvrir une autre Europe, \u00ab\u00a0l&rsquo;Europe Rom\u00a0\u00bb.<br \/>\nMais revenons \u00e0 Zoli. La petite orpheline a grandi aupr\u00e8s de son grand-p\u00e8re, qui a brav\u00e9 l&rsquo;interdit tzigane en lui apprenant \u00e0 lire et \u00e0 \u00e9crire. Elle est dou\u00e9e pour les mots, mais \u00ab\u00a0il ne faut pas le dire, ceux qui se m\u00e9fient des livres en feraient toute une histoire\u00a0\u00bb. Elle devient donc chanteuse et met en rimes les r\u00e9cits que les Roms se racontent de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. En cachette, elle les fixe sur le papier, elle est la grande po\u00e9tesse du peuple rom.<br \/>\nMais un jour, en l&rsquo;entendant chanter, un jeune Anglais en mal de racines tombe fou amoureux d&rsquo;elle. Comme il ne peut l&rsquo;avoir &#8211; \u00ab\u00a0une Tzigane appartient \u00e0 un Tzigane\u00a0\u00bb -, l&rsquo;homme la trahit. Il lui vole ses mots pour en faire un livre. Or la loi des Tziganes est inflexible : rien de la culture rom ne doit \u00eatre fig\u00e9 sur le papier. Zoli est donc bannie de la communaut\u00e9. \u00ab\u00a0Pollu\u00e9e \u00e0 vie.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Personne ne mangerait plus avec elle. Si elle touchait un objet rom, quel qu&rsquo;il soit, il serait d\u00e9truit : cheval, table, plat. A sa mort, on ne l&rsquo;enterrerait pas (&#8230;). Elle ne pourrait revenir, pas m\u00eame comme un esprit (&#8230;). Ils ne parleraient plus d&rsquo;elle, ne prononceraient plus son nom, elle avait trahi la vie, c&rsquo;\u00e9tait au-del\u00e0 de la mort, elle n&rsquo;\u00e9tait ni tzigane ni gadzi (\u00e9trang\u00e8re). Une rien du tout.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>PAS DE JUGEMENT DE VALEUR<\/p>\n<p>D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 la pire des trahisons, de l&rsquo;autre l&rsquo;inhumanit\u00e9 de la sentence. McCann n&rsquo;id\u00e9alise rien. Il d\u00e9crit les uns et les autres, sans jugement de valeur. Il montre sans insister le malentendu fondamental qui les oppose (sur le logement, la scolarisation&#8230;). Il varie sans cesse les points de vue, de sorte qu&rsquo;il est impossible de s&rsquo;installer dans le confort de ces pr\u00e9jug\u00e9s qui nous tiennent chaud.<br \/>\n\u00ab\u00a0Nos voix, dit-il, nous viennent des voix des autres&#8230; J&rsquo;ai envie de dire au lecteur : entre l\u00e0 et fais-toi ta propre opinion.\u00a0\u00bb C&rsquo;est pour cela &#8211; on y revient toujours &#8211; que sa technique est si percutante. Elle nous plonge tour \u00e0 tour dans la t\u00eate du Hlinka, de l&rsquo;Anglais, du reporter am\u00e9ricain (un double de McCann lui-m\u00eame), du militant communiste et, bien s\u00fbr, de la femme gitane. \u00ab\u00a0C&rsquo;est \u00e0 mes yeux la vraie fa\u00e7on de raconter une histoire contemporaine, l&rsquo;accumulation des angles comme une s\u00e9rie de vecteurs diff\u00e9remment orient\u00e9s\u00a0\u00bb, dit McCann. Une d\u00e9marche \u00ab\u00a0tr\u00e8s cin\u00e9matographique (alterner grand angle, cadrage serr\u00e9, balayage panoramique) mais qui r\u00e9pond aussi au fantasme de l&rsquo;image totale\u00a0\u00bb.<br \/>\nPour le lecteur, tout bouge en m\u00eame temps : il traverse l&rsquo;espace, voit s&rsquo;encha\u00eener les \u00e9poques, saute d&rsquo;une forme d&rsquo;\u00e9crit \u00e0 une autre avec la m\u00eame impression de fluidit\u00e9 et d&rsquo;authenticit\u00e9. Au bout du voyage, aura-t-il \u00ab\u00a0compris\u00a0\u00bb les Roms ? S\u00fbrement pas, mais il est probable qu&rsquo;il les verra diff\u00e9remment et pour longtemps. D&rsquo;o\u00f9 cet \u00e9loge de l&rsquo;\u00e9crivain australien Peter Carey \u00e0 propos de Zoli : \u00ab\u00a0Si la vocation supr\u00eame pour un auteur est d&rsquo;imaginer ce que c&rsquo;est qu&rsquo;\u00eatre \u00ab\u00a0autre\u00a0\u00bb, alors Colum McCann est un g\u00e9ant.\u00a0\u00bb<br \/>\nLe Chant du coyote, Les Saisons de la nuit et Danseur, ainsi que de ses deux recueils de nouvelles, La Rivi\u00e8re de l&rsquo;exil et Ailleurs, en ce pays.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Zoli\u00a0\u00bb de Colum McCann. Traduit de l&rsquo;anglais (Irlande) par Jean-Luc Piningre, Belfond, 336 p., 21 \u20ac.<\/p>\n<p>{{<br \/>\nLe destin de \u00ab\u00a0Zoli\u00a0\u00bb, une parabole europ\u00e9enne}}<\/p>\n<p>LE MONDE DES LIVRES | 23.08.07 | 16h59<\/p>\n<p>Apr\u00e8s Danseur &#8211; une vraie-fausse biographie de Rudolf Noure\u00efev, et surtout une gageure pour quelqu&rsquo;un qui, de son propre aveu, n&rsquo;avait \u00ab\u00a0jamais assist\u00e9 \u00e0 un ballet\u00a0\u00bb -, apr\u00e8s Danseur donc, Colum McCann r\u00eavait d&rsquo;un projet \u00ab\u00a0reposant\u00a0\u00bb : \u00ab\u00a0Je voulais un livre qui me laisse en paix. Un p\u00e9rim\u00e8tre romanesque restreint, n\u00e9cessitant peu de recherches.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et puis le personnage de Papusza, d\u00e9couvert au hasard de ses lectures, s&rsquo;est impos\u00e9 \u00e0 lui. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 pris par l&rsquo;histoire de cette po\u00e9tesse polonaise n\u00e9e en 1910 et disparue en 1987. Une photo d&rsquo;elle en particulier me hantait, son visage semblait grandir autour de moi. J&rsquo;ai essay\u00e9 de r\u00e9sister jusqu&rsquo;au jour o\u00f9 je n&rsquo;ai plus pu esquiver. La difficult\u00e9, c&rsquo;est que je ne connaissais absolument rien aux Roms. Je partageais m\u00eame, je l&rsquo;avoue, quelques-uns des pr\u00e9jug\u00e9s habituels \u00e0 leur encontre. J&rsquo;ai donc d\u00fb me lancer dans un travail \u00e9norme de recherche et de documentation.\u00a0\u00bb<br \/>\nLe go\u00fbt du d\u00e9fi ? McCann cite en effet ce que Yeats appelle \u00ab\u00a0la fascination de la difficult\u00e9\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0C&rsquo;est le privil\u00e8ge du romancier de pouvoir faire l&rsquo;idiot et se pr\u00e9cipiter l\u00e0 o\u00f9 les autres n&rsquo;oseraient peut-\u00eatre pas s&rsquo;aventurer, dit-il. J&rsquo;ai fait mon miel de tout ce que j&rsquo;ai pu, j&rsquo;ai pill\u00e9 tant de sources documentaires qu&rsquo;il me serait impossible de les \u00e9num\u00e9rer toutes. Nos histoires d\u00e9coulent d&rsquo;une multiplicit\u00e9 de t\u00e9moignages.\u00a0\u00bb<br \/>\nColum McCann insiste n\u00e9anmoins sur la difficult\u00e9 particuli\u00e8re de cette entreprise romanesque qui, au total, aura dur\u00e9 quatre ans ; sur le r\u00f4le qu&rsquo;a jou\u00e9 dans l&rsquo;\u00e9laboration du livre le magnifique essai d&rsquo;Isabel Fonseca, Enterrez-moi debout, l&rsquo;Odyss\u00e9e des Tziganes (Albin Michel, 2003, r\u00e9\u00e9dit\u00e9 en poche chez 10\/18) ; et sur ce qui l&rsquo;aura marqu\u00e9 le plus, son immersion de deux mois, en 2004, dans un campement rom de Slovaquie.<br \/>\nALLIANCE DE MOTS<br \/>\n\u00ab\u00a0C&rsquo;est gr\u00e2ce \u00e0 une fondation de Bratislava que j&rsquo;ai pu y p\u00e9n\u00e9trer. Avec des guides roms, car l&rsquo;acc\u00e8s au camp est r\u00e9put\u00e9 dangereux\u00a0\u00bb, explique-t-il. Dans Zoli, il d\u00e9crit \u00ab\u00a0les bicoques carr\u00e9es dans les d\u00e9dales de boue\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0les antennes satellite neuves \u00e9tincelant sur les toits\u00a0\u00bb, les \u00ab\u00a0bouts de bois, les paquets de c\u00e9r\u00e9ales \u00e9ventr\u00e9s, les tessons de verre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0les bouteilles vides de cucu qui servent de carillons au-dessus des portes\u00a0\u00bb. Et aussi \u00ab\u00a0les portraits du Christ, de L\u00e9nine, de Marie Madeleine, et celui de saint Jude \u00e9clair\u00e9 par de petites bougies rouges\u00a0\u00bb. La musique enfin, pas celle des harpes ou des violons, mais \u00ab\u00a0la t\u00e9l\u00e9 \u00e0 fond qui n&rsquo;en finit pas de gueuler&#8230;\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0La pauvret\u00e9 \u00e9tait r\u00e9voltante, souligne-t-il. Des camps entiers sans eau ni \u00e9lectricit\u00e9, des enfants d\u00e9nutris, des femmes ayant subi des st\u00e9rilisations forc\u00e9es&#8230; Mais le plus choquant \u00e9tait peut-\u00eatre ma (en fait notre) ignorance compl\u00e8te des modes de vie et de l&rsquo;histoire de ces 12 \u00e0 14 millions de Roms qui vivent aujourd&rsquo;hui dans le monde.\u00a0\u00bb<br \/>\nAu fond &#8211; et c&rsquo;est ce que sugg\u00e8re profond\u00e9ment le livre -, que conna\u00eet-on vraiment des Roms ? Sait-on au moins que le mot lui-m\u00eame signifie \u00ab\u00a0homme\u00a0\u00bb dans la langue romani, un idiome de souche indo-europ\u00e9enne ? Sait-on que ce peuple, originaire du nord de l&rsquo;Inde, serait arriv\u00e9 au XIIe si\u00e8cle en Europe orientale ? Sait-on quelle diff\u00e9rence il y a entre les Roms, les Tziganes, les Gitans, les Manouches, les Sintis&#8230; ? Sait-on enfin, au-del\u00e0 des st\u00e9r\u00e9otypes, quoi que ce soit de solide sur leurs traditions artistiques ?<br \/>\nColum McCann raconte qu&rsquo;une vieille chanson rom a pour refrain l&rsquo;id\u00e9e que \u00ab\u00a0nous partageons des bouts de notre coeur\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Et plus nous avan\u00e7ons, moins il en reste en nous. Le moment vient o\u00f9 il n&rsquo;y en a plus assez pour tout le monde, et cela s&rsquo;appelle voyager, cela s&rsquo;appelle aussi la mort. Il n&rsquo;y a rien de plus banal puisque \u00e7a nous arrive \u00e0 tous.\u00a0\u00bb<br \/>\nLe seul regret, \u00e0 la lecture de Zoli, c&rsquo;est que McCann ne nous donne pas davantage \u00e0 nous mettre sous la dent, davantage de po\u00e8mes, de chansons, de sagesses, de proverbes tziganes&#8230; Puisque, \u00e9crit-il lui-m\u00eame, \u00ab\u00a0contrairement \u00e0 ce que pr\u00e9tendent diff\u00e9rents ouvrages publi\u00e9s, l&rsquo;Europe a connu de nombreux po\u00e8tes roms au cours des ann\u00e9es\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0des artistes syst\u00e9matiquement ignor\u00e9s, mais qui ont produit une oeuvre soign\u00e9e et chaleureuse\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0C&rsquo;est pourquoi j&rsquo;ai voulu \u00e9crire une parabole de l&rsquo;Europe \u00e0 tra<br \/>\nvers cette histoire d&rsquo;une Gitane intellectuelle.\u00a0\u00bb<br \/>\nIl marque un temps de silence. Une alliance de mots ? C&rsquo;est ce qu&rsquo;il semble sugg\u00e9rer, en effet : que l&rsquo;on n&rsquo;a gu\u00e8re l&rsquo;habitude de voir accol\u00e9s ces deux termes-l\u00e0, gitan et intellectuel.<br \/>\n\u00ab\u00a0En ce sens, poursuit Colum McCann, Zoli est un roman social : il aborde un sujet rarement trait\u00e9 en litt\u00e9rature comme en politique. Pensez que les Roms sont aussi nombreux que les Juifs. Par comparaison, l&rsquo;opacit\u00e9 sur leur culture est quasi totale.\u00a0\u00bb<br \/>\nFl. N.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Plus qu&rsquo;un roman, le livre de ce romancier Irlandais est aussi un t\u00e9moignage instructif et passionnant sur une communaut\u00e9 de Roms durant la p\u00e9riode communiste  <\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[22],"tags":[],"class_list":["post-426","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouvrages-de-reference"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/426","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=426"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/426\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=426"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=426"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=426"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}