{"id":1268,"date":"2014-06-30T15:23:06","date_gmt":"2014-06-30T14:23:06","guid":{"rendered":"http:\/\/rt.boullier.fr\/?p=1268"},"modified":"2014-06-30T15:23:06","modified_gmt":"2014-06-30T14:23:06","slug":"art1268","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/2014\/06\/30\/art1268\/","title":{"rendered":"A Marseille 40 familles \u00e0 nouveau en errance"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"font-size: 20px;\"><strong>Entre \u00ab\u00a0parcours d&rsquo;insertion\u00a0\u00bb et expulsion, la survie des Roms dans le plus grand bidonville de Marseille<\/strong><\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/wp-content\/uploads\/2014\/06\/SAM_9450.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-11139 aligncenter\" src=\"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/wp-content\/uploads\/SAM_9450-300x225.jpg\" alt=\"jpg\/SAM_9450.jpg\" width=\"300\" height=\"225\" \/><\/a><\/p>\n<div style=\"text-align: right;\"><\/div>\n<p style=\"text-align: justify;\">par Emmanuel Riond\u00e9 20 juin 2014\u00a0bastamag.net<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0plus grand bidonville de Marseille\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 \u00e9vacu\u00e9 le 18 juin, dans un contexte marqu\u00e9 par le lynchage d&rsquo;un jeune Rom en r\u00e9gion parisienne. Les 400 personnes qui y r\u00e9sidaient avaient d\u00e9j\u00e0 quitt\u00e9 les lieux. Seule la moiti\u00e9 sera temporairement relog\u00e9e, malgr\u00e9 les engagements du gouvernement. Les autres familles sont parties en qu\u00eate d&rsquo;un nouveau terrain o\u00f9 s&rsquo;installer. Elles peuvent cependant s&rsquo;appuyer sur des associations dont certaines plaident pour une viabilisation temporaire des bidonvilles. L&rsquo;autorit\u00e9 publique, elle, reste sur son credo\u00a0: les \u00ab\u00a0campements illicites\u00a0\u00bb doivent \u00eatre \u00ab\u00a0d\u00e9mantel\u00e9s\u00a0\u00bb.<br \/>\n\u00ab\u00a0Six ans que je suis l\u00e0&#8230; Des expulsions, j&rsquo;en ai vu, des punks d&rsquo;abord et maintenant les Roms. C&rsquo;est triste, o\u00f9 ils vont aller demain tous ces gens-l\u00e0\u00a0? \u00c7a s&rsquo;est toujours bien pass\u00e9 avec eux.\u00a0\u00bb Mardi 17 juin, l&rsquo;\u00e9motion de Marcelin n&rsquo;est pas feinte. Pay\u00e9, dit-il, par une soci\u00e9t\u00e9 de gardiennage pour surveiller un bout de terrain en friche, il a pos\u00e9 quelques affaires dans un abri de b\u00e9ton peu engageant o\u00f9 il passe une bonne partie de ses journ\u00e9es. Devant lui, par del\u00e0 le petit monticule de d\u00e9tritus, environ 150 cabanes. Entre 10 et 15 m\u00e8tres carr\u00e9 chacune, d\u00e9passant \u00e0 peine deux m\u00e8tres de hauteur, elle sont adoss\u00e9es les unes aux autres et r\u00e9parties sur l&rsquo;\u00e9quivalent de quelques rues.<br \/>\nLe terrain appartient \u00e0 la Communaut\u00e9 urbaine de Marseille Provence m\u00e9tropole. Un jugement rendu en juin 2013 en avait ordonn\u00e9 l&rsquo;\u00e9vacuation pour d\u00e9cembre suivant. Mais en octobre, l&rsquo;expulsion d&rsquo;un autre bidonville, \u00e0 la Capelette, a provoqu\u00e9 une importante arriv\u00e9e de familles Roms. La Parette est devenu d&rsquo;un coup le \u00ab\u00a0plus gros bidonville de Marseille\u00a0\u00bb, accueillant plus de 400 personnes, soit entre 80 et 100 familles. Les associations ont n\u00e9goci\u00e9 une tr\u00eave hivernale, repoussant l&rsquo;expulsion au 18 juin.<br \/>\nMercredi, 6h30 du matin, on y est. Une compagnie de CRS barre l&rsquo;entr\u00e9e du terrain aux militants et aux journalistes. Un jeune de la Brigade activiste des clowns est alpagu\u00e9 par la mar\u00e9chauss\u00e9e, le temps de se faire confisquer son d\u00e9guisement de policier pourtant d\u00e9fra\u00eechi. On ne rigole pas avec l&rsquo;uniforme. Quoique. Lundi matin, ceux qui \u00e9taient l\u00e0 ont pu entendre le commissaire de police du XIIe arrondissement expliquer son objectif prioritaire, le jour de l&rsquo;\u00e9vacuation\u00a0: \u00ab\u00a0A 16h30, il faudrait que ceux qui conduisent les bulldozers soient chez eux en train de boire le pastis. En Roumanie, c&rsquo;est le raki, je crois.\u00a0\u00bb Message entendu\u00a0: le bidonville s&rsquo;est vid\u00e9 de ses occupants les jours pr\u00e9c\u00e9dents.<br \/>\n\u00ab\u00a0Politique municipale de la race\u00a0\u00bb<br \/>\nResponsable de l&rsquo;association Rencontre tsiganes qui d\u00e9fend les Roms sur le terrain juridique, Caroline Godard enrage lorsqu&rsquo;elle entend la Pr\u00e9fecture, et souvent les m\u00e9dias, expliquer au moment des \u00e9vacuations qu&rsquo;il n&rsquo;y avait \u00ab\u00a0plus personne\u00a0\u00bb et que \u00ab\u00a0tout s&rsquo;est bien pass\u00e9\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Effectivement, ils ont pris l&rsquo;habitude de partir avant pour ne pas voir la police d\u00e9barquer \u00e0 6 heures du matin et d\u00e9truire le peu d&rsquo;affaires qu&rsquo;ils poss\u00e8dent, explique-t-elle. Alors c&rsquo;est vrai qu&rsquo;ils ne sont plus l\u00e0 quand l&rsquo;\u00e9vacuation a lieu, et du coup personne ne s&rsquo;interroge. Mais ils sont o\u00f9\u00a0? Ils ne se sont pas volatilis\u00e9s dans la nature&#8230; C&rsquo;est une expulsion, pas une solution.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une expulsion que les travailleurs sociaux et les militants associatifs qui ont pass\u00e9 des mois sur le site aux c\u00f4t\u00e9s des familles acceptent mal. \u00ab\u00a0Ce terrain appartient \u00e0 une collectivit\u00e9 territoriale, rien ne va y \u00eatre fait dans les mois \u00e0 venir, il n&rsquo;y a pas de riverains autour, r\u00e9sume Caroline Godard. Pourquoi est-il si urgent de d\u00e9loger ces gens\u00a0?\u00a0\u00bb. Dans les rangs des militants pr\u00e9sents, on d\u00e9nonce \u00ab\u00a0la politique municipale de la race\u00a0\u00bb [1] \u00e0 l&rsquo;oeuvre, ici comme ailleurs en France, d\u00e8s qu&rsquo;il s&rsquo;agit de g\u00e9rer la \u00ab\u00a0question Rom\u00a0\u00bb. D&rsquo;apr\u00e8s les associations, ils sont environ 20 000 \u00e0 vivre dans des bidonvilles en France. Dont \u00e0 peu pr\u00e8s 4 000 en PACA, 2 500 dans le d\u00e9partement et 1 500 \u00e0 Marseille, ville de 800 000 habitants. \u00ab\u00a0Qu&rsquo;on ne vienne pas nous dire qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible de trouver une solution pour un si petit nombre de personnes\u00a0!\u00a0\u00bb, s&rsquo;\u00e9nerve Jean-Marc Coppola, t\u00eate de liste du Front de gauche aux derni\u00e8res municipales.<br \/>\nS&rsquo;installer, \u00eatre chass\u00e9, fuir, se planquer, se r\u00e9installer&#8230;<br \/>\nEn l&rsquo;occurrence, la \u00ab\u00a0solution\u00a0\u00bb est simple\u00a0: se disperser au gr\u00e9 des exigences contradictoires des autorit\u00e9s et du travail de fourmi des associations. Dix-huit familles, inscrites dans des \u00ab\u00a0parcours d&rsquo;insertion\u00a0\u00bb sont relog\u00e9es en h\u00f4tel en attendant de se voir attribuer un logement stable. Huit autres comprenant des enfants en bas-\u00e2ge, des femmes enceintes ou des personnes malades, sont aussi plac\u00e9es en h\u00f4tel\u00a0; la Fondation Abb\u00e9 Pierre reloge six familles qui \u00e9taient suivies par M\u00e9decins du monde. Et mercredi soir, une dizaine d&rsquo;autres avaient trouv\u00e9 refuge \u00e0 l&rsquo;Eglise Saint-Michel, dans le centre de la ville. Soit autour de 40 familles relog\u00e9es, au moins provisoirement.<br \/>\nRestent donc entre 200 et 250 personnes, enfants compris, sans toits. Et ce malgr\u00e9 la circulaire du 26 ao\u00fbt 2012 qui oblige les autorit\u00e9s \u00e0 \u00ab\u00a0proposer des solutions d&rsquo;accompagnement\u00a0\u00bb, notamment un h\u00e9bergement, aux personnes \u00e9vacu\u00e9s de \u00ab\u00a0campements illicites\u00a0\u00bb [2]. Certains sont repartis en Roumanie, d&rsquo;autres sont rest\u00e9s dans la r\u00e9gion, en qu\u00eate d&rsquo;un nouveau terrain \u00e0 occuper. Auquel cas, il faudra parvenir \u00e0 justifier d&rsquo;une pr\u00e9sence d&rsquo;au moins 48 heures sur place pour que l&rsquo;in\u00e9vitable demande d&rsquo;expulsion n\u00e9cessite un r\u00e9f\u00e9r\u00e9 en justice, synonyme de r\u00e9pit. S&rsquo;installer, \u00eatre chass\u00e9, fuir, se planquer, se r\u00e9installer, \u00eatre chass\u00e9, etc. Fatih Bouaroua, responsable de la fondation Abb\u00e9 Pierre, nomme cela \u00ab\u00a0le rite de Sisyphe\u00a0\u00bb.<br \/>\nParcours d&rsquo;insertion<br \/>\nSamson, arriv\u00e9 en France il y a quatre ans, \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 16 ans, a d\u00e9j\u00e0 connu plusieurs bidonvilles avant d&rsquo;en \u00eatre chass\u00e9. Expuls\u00e9 une fois par avion jusqu&rsquo;en Roumanie, prenant au passage quelques baffes polici\u00e8res, il est revenu. \u00ab\u00a0J&rsquo;ai toute ma famille ici, une petite soeur de 13 ans qui veut faire avocate et un fr\u00e8re de 17 ans qui veut faire serveur\u00a0\u00bb, explique-t-il, non sans fiert\u00e9. Maniant bien le fran\u00e7ais, il aimerait \u00eatre traducteur \u00e0 l&rsquo;avenir. En attendant, il travaille \u00ab\u00a0\u00e0 la ferraille et aux poubelles\u00a0\u00bb, ce qui lui rapporte, dit-il, un peu moins de 50 EUR par semaine. Avec sa femme Angutsa, ils commencent \u00e0 entrevoir le bout du tunnel\u00a0: suite \u00e0 un diagnostic, r\u00e9alis\u00e9 notamment par l&rsquo;Association d\u00e9partementale pour le d\u00e9veloppement des actions de pr\u00e9vention des Bouches du Rh\u00f4ne (Addap), ils sont engag\u00e9s dans un \u00ab\u00a0parcours d&rsquo;insertion\u00a0\u00bb. Des perspectives s&rsquo;ouvrent\u00a0: l&rsquo;obtention d&rsquo;un logement, le suivi d&rsquo;une formation. De quoi retrouver le sourire.<br \/>\nCar la r\u00e9alit\u00e9 colle mal \u00e0 la l\u00e9gende urbaine de ces Roms qui seraient tous des voyageurs f\u00e9rus de d\u00e9charges et de rempaillage, un peu d\u00e9linquants sur les bords. \u00ab\u00a0Pour nous, souligne Dominique Idir de l&rsquo;association Artriballes, l&rsquo;une des organisations les plus actives sur le site, ce qui caract\u00e9rise avant tout les habitants du bidonville, c&rsquo;est qu&rsquo;il s&rsquo;agit de migrants \u00e9conomiques.\u00a0\u00bb Quand on \u00e9voque la Roumanie (dont sont originaires la plupart des habitants de la Parette), Samson laisse \u00e9chapper un long soupir. Petre, 51 ans, 6 enfants \u00e2g\u00e9s de 13 \u00e0 27 ans est plus explicite\u00a0: \u00ab\u00a0En Roumanie, sans travail, on avait 10 EUR par mois et par enfant, \u00e7a faisait 60 EUR par mois pour payer l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9, le bois, la nourriture&#8230; impossible de vivre, on est venu ici parce qu&rsquo;il y a beaucoup plus de chance de trouver du travail.\u00a0\u00bb<br \/>\n\u00ab\u00a0On ne demande pas de logements sociaux\u00a0\u00bb<br \/>\nPour eux et leurs familles, depuis des mois, la Parette \u00e9tait devenu le village o\u00f9 l&rsquo;on pose ses quelques bagages, et d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;on peut scolariser les enfants. Ce qui est une pr\u00e9occupation centrale des familles et l&rsquo;un des crit\u00e8res principaux &#8211; avec l&rsquo;apprentissage du fran\u00e7ais &#8211; pour pr\u00e9tendre \u00e0 un \u00ab\u00a0parcours d&rsquo;insertion\u00a0\u00bb(Lire notre article \u00ab\u00a0Une enfance fran\u00e7aise, du bidonville \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole&#8230; quand l&rsquo;Etat le permet\u00a0\u00bb). Pour Viorel Costache, arriv\u00e9 en France en 2002 et install\u00e9 dans la r\u00e9gion de Nice d&rsquo;o\u00f9 il anime une association de d\u00e9fense des Roms, c&rsquo;est la clef de tout\u00a0: \u00ab\u00a0A chaque fois qu&rsquo;on scolarise des enfants sur la dur\u00e9e, cela acc\u00e9l\u00e8re l&rsquo;int\u00e9gration des familles, assure-t-il. Mais pour mener cela \u00e0 bien, y compris l&rsquo;accompagnement scolaire, on a besoin d&rsquo;un toit.\u00a0\u00bb La question de la viabilisation des bidonvilles est un d\u00e9bat qui anime tous les acteurs de la question Rom. Eux-m\u00eames y sont globalement favorables. \u00ab\u00a0On sait que c&rsquo;est la crise en France, rel\u00e8ve Viorel, et on ne demande pas de logements sociaux, juste des terrains o\u00f9 l&rsquo;on pourrait s&rsquo;installer par petits groupes de 70 \u00e0 80 personnes.\u00a0\u00bb Chacun ici a en t\u00eate l&rsquo;exemple de Gardanne. La municipalit\u00e9, en collaboration avec le tissu associatif, a plus ou moins r\u00e9ussi \u00e0 viabiliser un espace ou vivent une dizaine de familles Roms qui se sont peu \u00e0 peu int\u00e9gr\u00e9es dans le paysage de la ville.<\/p>\n<p>A la Parette, on \u00e9tait tr\u00e8s loin d&rsquo;envisager une telle intervention des pouvoirs publics. La douzaine de toilettes s\u00e8ches disponible a \u00e9t\u00e9 install\u00e9e avec l&rsquo;aide d&rsquo;un collectif d&rsquo;architecte. Le camp n&rsquo;a dispos\u00e9 de son propre &#8211; et unique &#8211; point d&rsquo;eau qu&rsquo;en mars dernier. Et \u00ab\u00a0la cabane\u00a0\u00bb, lieu de vie collectif du bidonville, o\u00f9 se d\u00e9roulaient des ateliers pour les enfants et des cours pour les adultes a \u00e9t\u00e9 construite et anim\u00e9e par l&rsquo;\u00e9quipe d&rsquo;Artriballes. Si l&rsquo;on excepte la place importante tenue par une poign\u00e9e d&rsquo;associations, le r\u00f4le de la puissance publique s&rsquo;est souvent r\u00e9sum\u00e9 aux visites des policiers venant distribuer des \u00ab\u00a0OQTF\u00a0\u00bb, des obligations de quitter le territoire fran\u00e7ais&#8230; La contribution des autorit\u00e9s au d\u00e9bat se r\u00e9sume \u00e0 une option s\u00e9mantique in\u00e9branlable\u00a0: ne jamais parler de bidonville mais toujours de campement, forc\u00e9ment \u00ab\u00a0illicite\u00a0\u00bb, donc vou\u00e9 au \u00ab\u00a0d\u00e9mant\u00e8lement\u00a0\u00bb.<br \/>\nCopains, instituteurs, \u00e9cole\u00a0: pas le temps de dire adieu<br \/>\nCes derniers mois, \u00ab\u00a0la cabane\u00a0\u00bb d&rsquo;Artriballes a jou\u00e9 un r\u00f4le de v\u00e9ritable centre social au sein du bidonville. Lieu d&rsquo;activit\u00e9, de rencontre, lieu de culte, m\u00eame, le dimanche matin (beaucoup sont \u00e9vang\u00e9listes). Alors que la date de l&rsquo;\u00e9vacuation approchait, son b\u00e2tisseur, Kamar Idir, a redoubl\u00e9 de cr\u00e9ativit\u00e9, h\u00e9rissant la baraque de poup\u00e9es, poussettes et autres dessins. \u00ab\u00a0Je veux que ceux qui viendront le d\u00e9truire ne puissent pas ignorer que dans ce lieu, il y a eu des enfants qui ont jou\u00e9 et se sont retrouv\u00e9s.\u00a0\u00bb Des enfants qui, \u00e0 trois semaines de la fin de l&rsquo;ann\u00e9e scolaire, ont d\u00fb quitter brutalement leur \u00e9cole. \u00ab\u00a0Sans pouvoir dire au revoir \u00e0 leurs copains, \u00e0 leurs instits, sans pouvoir participer \u00e0 la kermesse de fin d&rsquo;ann\u00e9e, c&rsquo;est \u00e7a, concr\u00e8tement, une expulsion, il faut le dire&#8230;\u00a0\u00bb insiste Ahmed Sahraoui de l&rsquo;Addap.<br \/>\nLa veille du d\u00e9part, alors qu&rsquo;elle dessinait dans la cabane, Sunamita, 10 ans, nous avait parl\u00e9, un peu d\u00e9\u00e7ue, de cette kermesse \u00e0 laquelle elle n&rsquo;assisterait pas. Mais elle se r\u00e9jouissait de rejoindre un h\u00f4tel le soir m\u00eame, \u00ab\u00a0avec une douche\u00a0\u00bb. L&rsquo;instruction ou la propret\u00e9, un choix d&rsquo;enfant\u00a0? Le 18 juin, quand Marie Lajus, Pr\u00e9f\u00e8te \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances a pris la parole vers 8h30 devant l&rsquo;entr\u00e9e du bidonville, entour\u00e9e de CRS pour parler de \u00ab\u00a0diagnostic social\u00a0\u00bb, de \u00ab\u00a0droit commun\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0ressources limit\u00e9es\u00a0\u00bb, elle s&rsquo;est faite siffl\u00e9e par les militants pr\u00e9sents sur place. Les Roms de la Parette, eux, n&rsquo;\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 plus l\u00e0.<br \/>\nEmmanuel Riond\u00e9 (texte et photos)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Malgr\u00e9 une tr\u00e8s forte mobilisation associative , au matin du 18 juin, la raison du plus fort a encore gagn\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,18],"tags":[60],"class_list":["post-1268","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-habitat-subi","category-migrants-roms","tag-expulsions"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1268","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1268"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1268\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1268"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1268"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/archives.rencontrestsiganes.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1268"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}